« Malheur aux immobiles ! Regards sur une société en proie à la frénésie »

Il est chaque jour question de mobilité : nous sommes invités à nous déplacer pour trouver un emploi, pour prendre des vacances, pour couvrir la distance séparant notre domicile de notre lieu de travail ou pour aller chercher fortune ailleurs. Mais on nous entretient également beaucoup de la mobilité sociale, ascendante - qui devrait être la nôtre si nous nous intégrons bien, si nous sommes efficaces, si nous parvenons à vaincre notre peur du changement, etc. - ou bien descendante - dont on nous menace si nous ne sommes pas capables de flexibilité et d’initiative. La mobilité dont on nous vante les vertus est encore professionnelle ou familiale. C’est en fin de compte l’ensemble de nos vies qui est lu au travers de l’image de la trajectoire. Et, comme par un effet du hasard on nous invite dans un même temps à reconsidérer nos conceptions des genres, de la famille, du rapport à l’Etat, du rapport à la nation et à l’identité, etc.
Ces divers éléments entretiendraient-ils des liens ? Il semble que l’on puisse faire l’hypothèse d’un monde en mouvement permanent, d’où toute stabilité serait bannie, voire condamnée.
Mais quelles sont ces mobilités auxquelles on nous invite ? Sur quoi se fonde leur valorisation ? Quels en sont les risques ? Quelles souffrances et quelles dominations en découlent-elles ? Quelle est la force qui pousse tout au mouvement ?
Christophe Mincke et Bertrand Montulet affirment qu’une idéologie mobilitaire serait à l’œuvre, dont un des effets serait de tout contraindre au mouvement perpétuel, pour le plus grand bonheur de certains, et le malheur de bien d’autres.
Christophe Mincke est docteur en droit et sociologue. Il est actuellement directeur du département de criminologie de l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) et professeur aux Facultés universitaires Saint-Louis. Après avoir travaillé sur les institutions judiciaires pénales et sur la médiation pénale, il s’est penché sur la mobilité, dans une tentative d’en faire l’outil d’une compréhension plus large des tensions qui agitent notre société, notamment en matière carcérale.

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